Rechercher dans ce blog

vendredi 20 mars 2026

Audience à la DSDEN - 12 mars 2026

Suite à la demande de moyens humains supplémentaires par les enseignants du lycée Pape Clément afin de pouvoir gérer les difficultés autour de la santé mentale, une audience à la DSDEN leur a été accordée. Ils ont souhaité être accompagnés de la FCPE afin de porter la voix des parents pour témoigner de ces situations de détresse que les familles rencontrent.

Mr BARRAL, Mme NEVEUR et Mme TAQUET représentent les enseignants du lycée. Ils sont accompagnés de leurs représentants syndicaux. Mme DUMAZE (FCPE) représente les parents.

Mme CHRISTIE (Directrice académique adjointe des services départementaux de l'Education Nationale), Mme DA SILVA (Directrice de cabinet) et Mme BEAULATON (Conseillère technique Départementale, spécialiste Santé Mentale) les reçoivent. Mme AMGHAR est également présente. 


Mr BARRAL explique que les enseignants ont sollicité la DSDEN suite au suicide récent d’une élève et au climat difficile qui règne dans l’établissement. C’est la 2ème fois en 3 ans qu’on déplore un suicide d’élève et les personnels du lycée signalent un mal-être adolescent en forte augmentation. Ils se sentent démunis face à ces situations de détresse de leurs élèves et demandent des moyens humains supplémentaires. 
Il fait un bref historique de l’évolution des effectifs du lycée. De 1334 élèves en 2013, nous sommes maintenant à + de 1700 élèves mais avec une stagnation des personnels de vie scolaire. Il y avait 2 CPE + 1 CPE stagiaire et aujourd’hui il y a toujours 2 CPE mais seulement 1/2 CPE contractuel, poste qui risque chaque année de disparaitre. En 2024, une délégation était déjà venue pour demander la pérennisation de ce demi-poste. Aujourd’hui, au vu des effectifs d’élèves, 1 poste CPE temps complet supplémentaire leur parait essentiel. Des FSST et courriers des CPE sont remis à Mme CHRISTIE qui reconnait que cette demande lui a été remontée chaque année par Mme AMGHAR mais que les moyens dont elle dispose jusqu’ici n’ont pas permis de pérenniser le 3e poste.

La demande porte aussi sur la création d’un poste d’assistante sociale qui semble indispensable dans un établissement avec un tel effectif. Le niveau social moyen des familles est relativement élevé et l’établissement est considéré comme « favorisé » mais certaines familles sont en grande difficulté sociale et les violences intra familiales touchent toutes les catégories sociales. Le lycée n’est pas en mesure aujourd’hui d’apporter une aide suffisante à ces élèves qui souffrent.

Mme MAGNAN est l’infirmière de l’établissement depuis le mois de septembre. Elle a aussi rédigé un courrier pour faire part de ses difficultés. Elle est souvent à l’extérieur pour des stages, liés à sa prise de fonction récente, et n’a pas de remplaçant. Elle explique crouler sous les PAI (en constante augmentation, en partie suite à des refus de PAP) avec, cette année, 130 PAI au lycée (donc 3 à 4 par classe). Elle n’a pas toujours le temps suffisant pour écouter et accompagner les élèves. 50% de son temps concerne des tâches administratives. Elle dénombre 800 passages d’élèves à l’infirmerie depuis le début de l’année, qu’elle n’a d’ailleurs pas eu le temps d’enregistrer. Il n’y a aucun médecin scolaire ni aide dans son activité. Elle demande une assistance pour la partie administrative de l'infirmerie.

Les 2 PsyEN (anciennement appelées conseillères d'orientation) du lycée partagent leur activité avec le CIO de Mérignac. Elles sont extrêmement sollicitées et leurs plannings sont plein avec les problématiques d’orientation. Malgré leur nom de Psy, elles n’ont pas le temps d’accompagner les élèves au niveau de la santé mentale.

Les professeurs souhaitent aussi faire part des difficultés de Mr ANTONELLI qui est le référent pHaRe du lycée pour qui la surcharge de travail et la responsabilité sont très lourdes, en particulier dans le suicide de Tyah. Ils s’inquiètent du risque de ne plus avoir de professeur qui accepte cette mission pour laquelle la responsabilité personnelle est engagée.

Mme DUMAZE confirme que la santé mentale des élèves est de + en + préoccupante, que les cas de phobie scolaire, voire de déscolarisation sont en progression inquiétante. L’ensemble du lycée est à l’écoute et fait le maximum. Les PsyEN ont construit un padlet santé mentale à disposition des familles qui est très riche, l’infirmière reçoit les familles et son écoute est très appréciée. Les professeurs, CPE et direction font ce qu’ils peuvent mais manquent très clairement de moyens et de temps pour gérer autant de situations compliquées.

Les représentants syndicaux insistent sur le manque de moyens chroniques au lycée Pape Clément. Avec + de 1700 élèves, la vie scolaire devrait être composée de 3 CPE et 10 AED. Nous n’avons que 2 CPE + 0,5 CPE provisoire et seulement 7,5 AED.
Ils expliquent que ce manque de moyens a été jusqu’ici compensé par le reste des équipes mais aujourd’hui, c’est un appel à l’aide des enseignants qui travaillent dans un climat anxiogène. Elle rappelle que la santé au travail est de la responsabilité de l’employeur, donc ici du DASEN vis-à-vis des enseignants.

Mme CHRISTIE salue le travail de l’équipe de direction. Elle comprend le quotidien des enseignants et les assure qu’elle refera un point avec le DRH. Elle explique que le dossier du lycée Pape Clément est suivi avec attention et que la parole des enseignants est entendue. Les moyens CPE et AED ne sont pas encore définis mais il ne semble pas que des moyens définitifs supplémentaires aient été prévus.

Mme AMGHAR rappelle qu’une réunion hebdomadaire a été mise en place entre les PsyEN et l’infirmière. Elle constate effectivement une hausse des PAI et des problèmes de santé mentale qui affectent particulièrement le lycée Pape Clément.

Mme BEAULATON confirme le constat du mal-être de la société, sur toutes les tranches d’âge. Elle propose une solution à court terme afin de permettre à Mme MAGNAN de se former avec la fermeture de l'infirmerie 2h par jour pour la gestion administrative avec une prise en charge des urgences uniquement. Cela ne satisfait personne et elle propose une réflexion à moyen et long terme avec plus de personnels d’encadrement.

En conclusion, Mme CHRISTIE va porter ces demandes sur tous les moyens demandés mais des priorités vont devoir être faites car la réalité du budget de l’Education Nationale ne permettra pas d’accéder à toutes les demandes. Une réponse sera apportée en juin/juillet lors de l’attribution des moyens provisoires pour la rentrée 2026.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire